De l’or dans le sprint et de l’argent dans le relais mixte. Marianne Fatton a écrit l’histoire d’un sport, le ski-alpinisme, qui figurait pour la première fois au programme des Jeux olympiques. C’est aussi la première athlète féminine neuchâteloise et donc du Val-de-Ruz, qui a fêté un titre olympique. Commentaire et analyse.
Cette fille en or, Marianne Fatton! Sa spontanéité, sa joie et sa fraîcheur ont illuminé les compétitions de ski-alpinisme. Son sport a fait une entrée fracassante aux Jeux olympiques: celui-ci est d’ailleurs le seul à s’être déroulé à guichets fermés dans un énorme enthousiasme populaire. Marianne Fatton a contribué à cette réussite; elle a apporté sa pierre à l’édifice et de quelle manière.
Nous résumerons sa conquête de médailles par trois dénominateurs: résilience, intelligence et excellence.
Marianne Fatton avait subi un sérieux coup d’arrêt après son premier titre de championne du monde du sprint en 2021. Le moteur ne tournait plus. En surcharge d’entraînement. Une fracture mentale autant que physique qui peut s’apparenter à un «burn out». Mais elle a relevé la tête pas à pas, pour se focaliser sur le plaisir, avant de penser performance.
La Vaudruzienne a su gérer avec intelligence un effort paroxystique, quatre fois trois minutes dans le sprint, deux fois huit minutes dans le relais mixte. En clair, elle a peut-être repoussé ses limites, sans les dépasser, tout en sachant conserver la lucidité dans les zones de transition.
C’est le regretté Jean-Pierre Egger, qui aimait à le dire: la recherche de l’excellence, c’est le propre du champion. À la quête du geste parfait, Marianne Fatton a gagné le titre olympique du sprint dans les transitions techniques au détriment de la Française Emily Harrop, manifestement un brin au-dessus physiquement.
En conclusion, Marianne Fatton a porté haut la couleur de la nation, du canton et du Val-de-Ruz. Il reste à savoir maintenant comment elle envisage la suite de sa carrière. En attendant, chapeau bas, Madame!