Puma, le Fantôme des rocheuses

légende (auteur)

« A suivre des fantômes, on finit par y croire… » : La préface de cette nouvelle ode à la nature sauvage donne le ton. Neil Villard raconte sa quête improbable du puma, félin discret qui s’est entre autres adaptés aux grands espaces des montagnes Rocheuses : « C’est mon projet de plus grande ampleur, celui qui m’a nécessité le plus de ressources physiques et financières. Je l’ai réalisé au prix de nombreux sacrifices », s’enflamme le photographe animalier du Pâquier.  

Neil Villard a consacré 180 jours de terrain sur trois hivers pour immortaliser la bête, avec toujours la même inquiétude de transcrire l’authentique. Pour approcher l’animal, dans des forêts parfois hostiles, c’est son intuition qui le guide : « La démarche ancestral du pistage fait partie de nous. On retrouve un instinct qui est profondément enfoui », relate-t-il. « Voir un animal sauvage, c’est quelque chose d’assez fort. De fascinant. »  

La remarque de Neil Villard n’est pas anodine.  A l’heure où « l’Homo sapiens des villes » est complétement coupé de son environnement naturel, le fait d’apercevoir en vrai – dans son milieu – une grosse bête suscite automatiquement un émoi particulier. Refermons la parenthèse ! 

Neil Villard ne s’est pas seulement contenté à immortaliser le puma : « Ma démarche dépasse le cadre d’un livre de photographies ». La première partie de son ouvrage est certes consacrée à ses clichés exceptionnels, mais la seconde est basée sur le récit, sa philosophie personnelle : « C’est ma philosophie du pistage, de la place de l’homme dans la nature, dans son environnement ». Neil Villard nous a toutefois avoué que l’écriture ne constituait pas du tout son métier : « Cela m’a pris une énergie folle d’écrire. Mais j’ai reçu d’excellents retours sur mes textes ». /pif  

 Encadré  

Ce nouvel ouvrage de 300 pages « Puma, le fantôme des Rocheuses » peut être obtenu sur le site internet www.neilvillard.ch. Le photographe du Pâquier le présentera à l’occasion du festival qui se tiendra du 23 au 25 janvier au Péristyle de l’hôtel de ville à Neuchâtel. Un film est également en gestation ; il devrait être diffusé en mars sur la RTS.  

Père de famille tranquille en d’autres temps, Neil Villard planche déjà sur d’autres projets, il est en train d’arpenter les grandes plaines de Mongolie. Sans nous révéler quel animal il va pister. Et au fond de la tête, il a toujours dans l’idée de retourner au fin fond de la Russie, à la chasse photographique du tigre de Sibérie. /pif